CALVIN, Jean (1509 − 1564)
INSTITUTION DE LA RELIGION CHRESTIENNE. Mise en quatre livres et distinguée par chapitres en ordre et méthode bien propre, par Jean Calvin.
La clé de voûte du protestantisme français.
à Genève, de l'imprimerie de Jaques Bourgeois, 1562, in-4°, (270x185mm) ; [32]-955-[116] pp. [ *, **8, a-z, A-Z,Aa-Nn8Oo6, a-i4, *, **8, ***6 ] COMPLET.
Plein vélin de l'époque entièrement restauré. Filet encadrant, écoinçons et médaillon central, le tout à froid et noirci. Dos à double nerf orné de même. Titre calligraphié.
La peau des plats et des entre-nerfs a été ré-appliquée sur un vélin moderne antiqué (Atelier l'Antiphonaire).
Le résultat est du plus bel effet. TRÈS BEL EXEMPLAIRE.
Gardes renouvelées ; page de titre et marque de l'imprimeur en dernier feuillet doublées, quelques réparations de papier en marge en fin d'ouvrage, deux cahiers centraux légèrement effrangés. De nombreuses rousseurs et mouillures dans l'ouvrage, mais aucun trou ni galerie de vers.
Abondamment annoté en marge, de plusieurs écritures anciennes.
La peau des plats et des entre-nerfs a été ré-appliquée sur un vélin moderne antiqué (Atelier l'Antiphonaire).
Le résultat est du plus bel effet. TRÈS BEL EXEMPLAIRE.
Gardes renouvelées ; page de titre et marque de l'imprimeur en dernier feuillet doublées, quelques réparations de papier en marge en fin d'ouvrage, deux cahiers centraux légèrement effrangés. De nombreuses rousseurs et mouillures dans l'ouvrage, mais aucun trou ni galerie de vers.
Abondamment annoté en marge, de plusieurs écritures anciennes.
Jean Calvin naquit à Noyon, en Picardie. Après des études de théologie et de droit à Paris, Orléans et Bourges, il revint à Paris y suivre des cours de littérature.
Au lendemain de l’Affaire des placards, Calvin, déjà acquis aux idées nouvelles, choisit le chemin de l’exil.
II séjourna à Bâle et à Strasbourg, et publia en 1536 une première ébauche de l'Institution. Un premier échec consommé, Calvin s'établit définitivement à Genève en 1541 : il y décèdera vingt-trois ans plus tard. Fondateur de la République de vertu, il transforma Genève en un centre de propagande supporté par une véritable armée d'imprimeurs qui devaient inonder la France de publications protestantes. L'Institution apparaît comme la pierre angulaire de l'édifice de la Rome protestante.
La parution des Placards avait fourni à François 1er la justification politique d'une répression sévère : le pouvoir ne pourchasse pas pour faits de religion, mais purge le Royaume de « contestataires ». Ce fut d'abord pour laver les réformés de cette accusation séditieuse que Calvin entreprit la rédaction de son Institution.
Sa première édition, rédigée en latin, entendait convaincre l'élite, et plus particulièrement François 1er que Calvin exhortait à la tolérance en une Épître demeurée célèbre.
Au demeurant, quoique hâtivement mise en forme (pour la foire de printemps de Francfort) et en dépit de son audience volontairement restreinte, cette ébauche jette pour la première fois les bases d'une véritable théologie réformée : Calvin revendique dès l'abord (à son insu ?) une position de chef d'Église.
A l'instar de Luther, mesurant l'impérieuse nécessité d'une propagande organisée, Calvin entend utiliser les infinies possibilités de l'imprimerie. Et, ayant à coeur de proposer son oeuvre « à tous enfans de Dieu », il s'emploie à la traduire en français. On le sait, la traduction en langues vulgaires était alors le vecteur le plus efficace des idées nouvelles. De ce souci naît la première édition en français de 1541, de la main même de Calvin; moment capital de l'histoire des idées, elle est aussi la clé de voûte du protestantisme français. De simple argumentation, latine, l'Institution devient un véritable « livre de combat », bréviaire d 'une foi qui entend convaincre et ciment d'une communauté dispersée. Son retentissement fut tel que la Sorbonne, pour la première fois, rédige sa condamnation en latin et en français. Calvin ne s'en tint pas là, remaniant sans cesse son texte jusqu'à ses versions définitives latine (1559) et française (1560).
L'édition de 1560, qui néglige le petit format aisément dissimulable de sa première version pour épouser la majesté de l'in-folio, consacre à plus d'un titre l'apogée d'un combat théologique et linguistique. Calvin est en effet l'un des principaux artisans du français moderne. Confronté à l'approximation régionale de la langue orale et désireux d'élargir son audience sans appauvrir la spiritualité de son texte, le Picard a su polir une écriture âpre et élégante, sobre dans sa forme et évocatrice dans ses échos.
Si l'Institution se révèle comme l'un des textes majeurs de l'histoire, elle est aussi, comme l'a dit Lanson, « un des premiers monuments de la langue française ». Au point que Bossuet lui-même en admirait la tenue. (Benoît FORGEOT, in En Français dans le texte).
Un des chefs-d'oeuvre de notre littérature. Belle édition, plus complète que celles qui l'ont précédée. (Morgand).
Notre exemplaire fait parti de la troisième parution, également à Genève, de l’édition définitive de 1560 (chez Jean Crespin).
TRES RARE. Seulement 2 exemplaires sont passés en salle de vente depuis 30 ans, dont le fameux exemplaire "Sully", vendu 95.000 euros en 2005, à la non moins fameuse vente Berès (n°53 du catalogue de la 2e vente, avec plusieurs pages reproduites).
Au lendemain de l’Affaire des placards, Calvin, déjà acquis aux idées nouvelles, choisit le chemin de l’exil.
II séjourna à Bâle et à Strasbourg, et publia en 1536 une première ébauche de l'Institution. Un premier échec consommé, Calvin s'établit définitivement à Genève en 1541 : il y décèdera vingt-trois ans plus tard. Fondateur de la République de vertu, il transforma Genève en un centre de propagande supporté par une véritable armée d'imprimeurs qui devaient inonder la France de publications protestantes. L'Institution apparaît comme la pierre angulaire de l'édifice de la Rome protestante.
La parution des Placards avait fourni à François 1er la justification politique d'une répression sévère : le pouvoir ne pourchasse pas pour faits de religion, mais purge le Royaume de « contestataires ». Ce fut d'abord pour laver les réformés de cette accusation séditieuse que Calvin entreprit la rédaction de son Institution.
Sa première édition, rédigée en latin, entendait convaincre l'élite, et plus particulièrement François 1er que Calvin exhortait à la tolérance en une Épître demeurée célèbre.
Au demeurant, quoique hâtivement mise en forme (pour la foire de printemps de Francfort) et en dépit de son audience volontairement restreinte, cette ébauche jette pour la première fois les bases d'une véritable théologie réformée : Calvin revendique dès l'abord (à son insu ?) une position de chef d'Église.
A l'instar de Luther, mesurant l'impérieuse nécessité d'une propagande organisée, Calvin entend utiliser les infinies possibilités de l'imprimerie. Et, ayant à coeur de proposer son oeuvre « à tous enfans de Dieu », il s'emploie à la traduire en français. On le sait, la traduction en langues vulgaires était alors le vecteur le plus efficace des idées nouvelles. De ce souci naît la première édition en français de 1541, de la main même de Calvin; moment capital de l'histoire des idées, elle est aussi la clé de voûte du protestantisme français. De simple argumentation, latine, l'Institution devient un véritable « livre de combat », bréviaire d 'une foi qui entend convaincre et ciment d'une communauté dispersée. Son retentissement fut tel que la Sorbonne, pour la première fois, rédige sa condamnation en latin et en français. Calvin ne s'en tint pas là, remaniant sans cesse son texte jusqu'à ses versions définitives latine (1559) et française (1560).
L'édition de 1560, qui néglige le petit format aisément dissimulable de sa première version pour épouser la majesté de l'in-folio, consacre à plus d'un titre l'apogée d'un combat théologique et linguistique. Calvin est en effet l'un des principaux artisans du français moderne. Confronté à l'approximation régionale de la langue orale et désireux d'élargir son audience sans appauvrir la spiritualité de son texte, le Picard a su polir une écriture âpre et élégante, sobre dans sa forme et évocatrice dans ses échos.
Si l'Institution se révèle comme l'un des textes majeurs de l'histoire, elle est aussi, comme l'a dit Lanson, « un des premiers monuments de la langue française ». Au point que Bossuet lui-même en admirait la tenue. (Benoît FORGEOT, in En Français dans le texte).
Un des chefs-d'oeuvre de notre littérature. Belle édition, plus complète que celles qui l'ont précédée. (Morgand).
Notre exemplaire fait parti de la troisième parution, également à Genève, de l’édition définitive de 1560 (chez Jean Crespin).
TRES RARE. Seulement 2 exemplaires sont passés en salle de vente depuis 30 ans, dont le fameux exemplaire "Sully", vendu 95.000 euros en 2005, à la non moins fameuse vente Berès (n°53 du catalogue de la 2e vente, avec plusieurs pages reproduites).
Références : En Français dans le texte 60 ; Morgand et Fatout 16215 ; Brunet I, 1501 (avec la marque de l'imprimeur reproduite) ; Michaud VI, 574 ; B.N. XXII, 886.









